La crise haïtienne s’invite une nouvelle fois au plus haut niveau des Nations Unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir ce vendredi 28 août 2026 pour examiner la situation en Haïti, dans un contexte marqué par la recrudescence des violences armées et l’aggravation de l’insécurité à Port-au-Prince et dans ses hauteurs.
Cette réunion intervient quelques jours après les événements meurtriers enregistrés à Kenscoff, où des affrontements impliquant des groupes armés de la coalition Viv Ansanm ont fait plus de 40 morts et provoqué le déplacement forcé de 2 647 personnes selon l’OIM. Une illustration de plus de la fragilité de la situation sécuritaire dans le pays.
L’évolution de la crise, ses conséquences humanitaires sur la population ainsi que les réponses possibles de la communauté internationale devraient figurer parmi les principaux sujets abordés. Le Conseil devra se pencher sur l’échec des dispositifs actuels à contenir l’expansion des gangs vers des communes autrefois considérées comme refuges.
Dans un message publié ce jeudi 27 août sur X, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a confirmé la tenue de cette séance consacrée aux derniers développements dans le pays. Le BINUH devrait présenter un bilan actualisé de la situation et de l’impact sur les civils.
La convocation du Conseil intervient alors que la pression interne s’accentue. La Fondasyon Je Klere (FJKL) vient d’exiger la démission du gouvernement Fils-Aimé, dénonçant l’inefficacité de la chaîne sécuritaire et le contrat de 52 millions de dollars avec le groupe lié à Erik Prince, qui avait promis de sécuriser Kenscoff en une semaine il y a 17 mois.
Sur le terrain, la situation humanitaire se dégrade. À Kenscoff, 77% des nouveaux déplacés ont trouvé refuge chez des familles d’accueil à Pétion-Ville, les 23% restants dans trois sites surpeuplés. Les secteurs de Vilier, Tête de l’Eau et Morne Jean Jacques sont les plus touchés par les incendies et les enlèvements.
Reste désormais à savoir si les discussions du Conseil de sécurité déboucheront sur des mesures concrètes susceptibles de contribuer à améliorer durablement la sécurité. À Port-au-Prince, beaucoup craignent qu’une nouvelle réunion se solde, comme les précédentes, par des déclarations sans effet immédiat pour la population.
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