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Société

FJKL exige la démission du gouvernement Fils-Aimé après le massacre de Kenscoff

La Fondasyon Je Klere (FJKL) a frappé fort ce jeudi. Dans une déclaration signée par son président, Me Samuel Madistin, l’organisation de défense des droits humains appelle à la démission pure et simple du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, après la nouvelle attaque meurtrière perpétrée à Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août, qui a fait 49 morts selon un bilan encore provisoire.

Pour la FJKL, les autorités n’ont pas apporté une réponse à la hauteur du drame qui se joue depuis plus d’un an et demi dans cette commune stratégique située à l’est de la capitale. Kenscoff est confrontée depuis janvier 2025 à des attaques répétées attribuées à la coalition de groupes armés Viv Ansanm, avec son lot de « tueries de masse, assassinats planifiés, incendies criminels, prises d’otages, pillages, enlèvements et séquestrations », ainsi que la destruction systématique de cultures et l’élimination du bétail, rappelle l’organisation.

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« Les réactions des forces de l’ordre ne sont jamais à la hauteur de la situation », dénonce Me Madistin, qui pointe également l’absence totale de conséquences politiques après les échecs répétés. Aucune démission, aucune révocation. Une impunité politique qui, selon la FJKL, alimente le cycle de violences.

L’organisation critique nommément le maintien en fonction de toute la chaîne sécuritaire : les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense nationale, le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH) et le Premier ministre lui-même, en sa qualité de président du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN).

La FJKL revient aussi sur l’accord controversé conclu en mars 2025 avec le groupe de mercenaires lié à Erik Prince, pour un coût annuel évalué à 52 millions de dollars. Le groupe avait promis de régler le problème sécuritaire à Kenscoff en une semaine. « Plus de dix-sept mois plus tard, aucun résultat concret n’a été obtenu », constate la Fondation, qui dénonce un « gaspillage des maigres ressources de l’État » alors que la population manque de tout.

Au-delà de Kenscoff, la FJKL dresse un tableau noir de la situation sécuritaire nationale, citant Gressier, Pont-Sondé, L’Estère, Montrouis, Petite-Rivière de l’Artibonite, Lascahobas, Marchand-Dessalines, Jean-Denis, Saint-Michel de l’Attalaye et la région métropolitaine de Port-au-Prince. Elle reproche au gouvernement de prioriser l’organisation d’élections alors que l’insécurité paralyse plusieurs départements et accuse des membres de l’exécutif de préparer déjà une plateforme politique, en violation de l’obligation de neutralité d’un gouvernement de transition.

Face à ce qu’elle qualifie de « page sombre de notre histoire », la FJKL propose une porte de sortie : confier le pouvoir au président de la Cour de Cassation pour former un gouvernement de mission chargé de rétablir l’ordre public, renforcer les Forces armées d’Haïti par le recrutement de jeunes soldats, revoir les contrats douteux, relancer l’économie, accompagner les victimes et organiser des élections « correctes et propres ». « Plus on attend, plus le bilan sera lourd. Plus tard sera trop tard », conclut Me Madistin.

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