Le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique a officialisé ce samedi l'autorisation de remettre aux autorités américaines plusieurs personnes détenues en Haïti dans le cadre de l'assassinat du Président Jovenel Moïse. La décision, prise sur instruction du Gouvernement, est contenue dans le communiqué de presse Réf. No. MJ/SCGe/340 signé par le Ministre Dr. Patrick Pélissier.
En application des mécanismes d'extradition prévus entre la République d'Haïti et les États-Unis d'Amérique, et à la demande des autorités américaines, le Ministère indique que cette remise vise à permettre leur jugement. Cette démarche doit également contribuer à l'établissement des faits et à l'identification des responsabilités, dans le respect des garanties judiciaires et à l'abri de toute influence.
Le Gouvernement justifie ce choix par la nécessité de faire aboutir les procédures judiciaires relatives à l'assassinat survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Après cinq années sans procès en Haïti, l'exécutif a décidé de renforcer sa coopération avec les autorités judiciaires américaines pour débloquer le dossier.
En effet, deux procédures ont été engagées parallèlement, l'une en Haïti et l'autre aux États-Unis. Si la procédure américaine a enregistré des avancées significatives avec des arrestations, des poursuites et des condamnations, la procédure haïtienne reste confrontée à d'importantes difficultés et n'a toujours pas abouti à la tenue d'un procès, précise le communiqué.
Le Ministère précise que plusieurs personnes détenues en Haïti font actuellement l'objet d'inculpations ou de mandats émis par la justice américaine en lien avec cette affaire. Cette mesure concerne notamment Joseph Félix Badio et les 17 ressortissants colombiens dont l'extradition est réclamée par Washington.
Par ailleurs, les informations et éléments de preuve susceptibles d'être recueillis au cours de cette coopération pourront également contribuer à l'approfondissement des investigations en Haïti, conformément aux mécanismes prévus en matière d'entraide pénale. Une coopération à double sens est donc envisagée.
Cette décision s'inscrit, selon le Ministère, dans le respect des prérogatives et des intérêts de la République d'Haïti et traduit la volonté du Gouvernement de mobiliser toutes les voies de coopération disponibles. Le Gouvernement réaffirme enfin sa détermination à ce que justice soit rendue au Président Jovenel Moïse, à sa famille et au peuple haïtien.
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