Le président Donald Trump a nommé Austin Holmes, originaire de Floride, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire des États-Unis auprès de la République d'Haïti. L'information a été communiquée par la Maison Blanche. La nomination doit désormais être confirmée par le Sénat, à majorité républicaine.
Sur son compte X, Austin Holmes se présente comme PDG de RallyX et met en avant près de deux décennies d'expérience en Haïti. Il est décrit comme reconnu pour son « jugement opérationnel, son intégrité et sa capacité à obtenir des résultats dans des environnements complexes », selon sa biographie officielle.
Dans une déclaration écrite soumise à la Commission des crédits du Sénat, le nommé revient sur son parcours. Il affirme avoir commencé son travail en Haïti en 2009 et avoir été déployé sur chaque grande catastrophe depuis le séisme de 2010, en soutien à l'USAID et aux organisations locales. Il cite notamment son appui à la Joint Task Force Haïti après le séisme de 2021, avec 21 missions, 59 vols, plus de 250 évacuations médicales et 168 tonnes d'aide transportée.
Entrepreneur et humanitaire, Austin Holmes affirme avoir dirigé entre 2017 et 2019, avec sa famille installée en Haïti, un réseau privé d'éducation comptant près de 900 employés haïtiens et nourrissant plus de 100 000 enfants par jour via le réseau HaitiOne, qui servirait aujourd'hui 130 000 repas quotidiens. Il dit être rentré aux États-Unis quand les gangs ont consolidé leur contrôle sur Port-au-Prince.
En 2023, sur conseil du FBI, il indique avoir fondé une société de sécurité avec un ancien de la Delta Force, Taylor Jolly, pour des opérations de récupération après l'enlèvement d'un vétéran américain en Haïti. Depuis, il affirme avoir conseillé des négociations d'enlèvements et soutenu le sauvetage de centaines de personnes.
Dans son analyse stratégique, Holmes souligne le rôle croissant d'Haïti dans le narcotrafic, rappelant la saisie de 1,05 tonne de cocaïne en 2025, la plus importante depuis trente ans, et le flux d'armes illicites d'origine américaine qui alimente les gangs. Citant le ministère haïtien des Finances, il estime entre 60 et 75 millions de dollars les revenus d'extorsion du principal réseau de gangs sur les cargaisons venant de République dominicaine.
Il alerte enfin sur les pressions migratoires, avec 1,4 million de déplacés internes, un record, et sur l'influence de la Chine, rappelant qu'Haïti est l'un des 12 pays reconnaissant Taïwan et que Pékin mène une « offensive de charme » via un Bureau de développement commercial. Un dossier explosif qui attendra sa confirmation au Sénat.
0 Commentaire