Rio de Janeiro, 28 octobre 2025 – Une vaste opération antidrogue a secoué ce mardi les favelas de Penha et d’Alemão, dans la zone nord de Rio de Janeiro, faisant au moins 64 morts et 81 arrestations, selon un bilan provisoire des autorités brésiliennes. Il s’agit de l’intervention policière la plus meurtrière jamais enregistrée dans la métropole carioca.
Près de 2 500 agents des forces de sécurité, appuyés par des véhicules blindés et des hélicoptères, ont été déployés dans le cadre de cette offensive visant à neutraliser plusieurs chefs du Comando Vermelho (CV), l’un des groupes criminels les plus puissants et les plus redoutés du Brésil.
L’opération, planifiée depuis plusieurs semaines, avait pour objectif de freiner l’expansion territoriale du CV, qui domine le trafic de drogue et d’armes dans plusieurs zones de Rio et étend désormais son influence vers d’autres États, notamment en Amazonie, où il contrôle certaines routes stratégiques du commerce illégal.
Selon la Polícia Civil, les affrontements ont été d’une intensité rare. Parmi les victimes figurent 60 civils présumés membres du réseau criminel et 4 agents de police. Les échanges de tirs se poursuivaient encore mardi soir dans certains secteurs, où des groupes armés opposaient une forte résistance.
Cette opération d’envergure relance le débat national sur l’usage de la force dans les quartiers populaires et sur les méthodes des forces de l’ordre brésiliennes. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent déjà des exécutions extrajudiciaires et réclament une enquête indépendante.
Malgré les critiques, les autorités justifient cette intervention par la nécessité de restaurer la sécurité dans des zones longtemps sous contrôle des factions criminelles. Le gouverneur de Rio a salué « une action courageuse » contre les trafiquants qui, selon lui, « terrorisent la population depuis trop longtemps ».
Les favelas de Rio demeurent le théâtre d’une guerre permanente entre groupes rivaux et forces de sécurité. Et cette nouvelle opération, aussi spectaculaire que meurtrière, illustre une fois de plus l’ampleur du défi sécuritaire auquel fait face le Brésil.
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