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Opinion

Kenscoff attaqué: la Primature , PNH, FAD'H, FRG se réunissent, communiquent, zéro action

C'est devenu un réflexe à la Primature. À chaque attaque sanglante, on dégaine un communiqué martial. Mercredi 26 août, 48 heures apres l'agression armée contre la population de Kenscoff, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a réuni d'urgence le haut état-major de la Force de Répression des Gangs (FRG). Verdict du communiqué : "évaluation de la menace actualisée", "coordination interarmées durcie". Des formules qui claquent, mais qui ne disent rien sur le terrain.

Car sur le terrain, Kenscoff est toujours à genoux. Les familles fuient Furcy et Godet, les routes sont contrôlées par des bandits armés et aucune opération de reprise n'a été annoncée publiquement. Le Gouvernement affirme que "l'appareil sécuritaire est en mouvement", mais personne à Kenscoff ne l'a vu bouger. Ce décalage entre le discours de la Primature et la réalité des hauteurs est devenu insupportable pour la population.

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Au centre de ce dispositif, il y a cette FRG que le Gouvernement brandit comme une solution miracle. Où est-elle ? Qui la commande ? Combien de gangs a-t-elle réellement démantelés depuis sa création ? Le communiqué cite son "Commandant" sans jamais le nommer, comme s'il s'agissait d'une force secrète. Une force que l'on réunit en urgence quand les caméras sont braquées, mais dont aucun Haïtien ne peut attester l'efficacité.

Le communiqué enchaîne ensuite la liste des réunions : lundi, rencontre avec Défense, Justice, FAd'H, PNH et trois maires ; mardi, réunion à la Primature ; mercredi, entretien du ministre de la Justice Patrick Pélissier avec le DG de la PNH, le ministre de la Défense et le Major-Général Jonas Jean. Trois jours de réunions pour une seule attaque. La sécurité ne se joue pas dans les salles de conférence climatisées, elle se joue à Kenscoff, avec des hommes, des moyens et une présence permanente.

Plus grave encore, le texte lâche cette phrase : "L'État reprendra les zones sinistrées, par la force si nécessaire". L'État haïtien avoue ainsi qu'il a perdu des portions de son territoire et qu'il doit les reconquérir. Et ce "si nécessaire" interroge : face à des criminels qui massacrent des civils, la force ne devrait-elle pas être la réponse immédiate et non une option conditionnelle ?

En fin de communiqué, le Gouvernement annonce que le FAES est mobilisé pour porter secours aux victimes. C'est nécessaire, mais c'est le pansement après la blessure. On distribue des kits humanitaires pour faire oublier qu'on a échoué à protéger. La population ne veut pas de l'assistance après le drame, elle veut que l'État empêche le drame.

Le texte se conclut par un appel au "calme et à la vigilance" et assure que "L'État n'est pas ébranlé". Quand un État doit affirmer qu'il n'est pas ébranlé, c'est qu'il l'est. Les habitants de Kenscoff n'ont pas besoin de mots rassurants, ils ont besoin de voir l'État revenir pour de bon. Pas dans un communiqué. Sur leurs collines.

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