Lors d’une interview vidéo publiée par l’ambassade des États-Unis en Haïti, l’ambassadeur Henry T. Wooster a appelé le Conseil présidentiel de transition (CPT) et les membres du gouvernement haïtien à présenter rapidement un calendrier clair pour les élections et la transition politique. Selon lui, le temps est venu pour que les autorités haïtiennes montrent leur capacité à conduire le pays vers la stabilité et la démocratie.
Se félicitant de l’approbation par les Nations Unies du déploiement d’une force internationale de 5 500 hommes pour soutenir la lutte contre les gangs armés, le diplomate a précisé que cette mission permettra aux forces nationales de « reprendre le contrôle du pays » face à des groupes criminels qui terrorisent la population depuis des années. Il a insisté sur le fait que la mise en place de cette force doit se faire rapidement, en collaboration avec le gouvernement haïtien et ses partenaires internationaux.
Le représentant américain a souligné que la crise sécuritaire est profondément liée à la crise politique et que les Haïtiens doivent « ouvrir la voie » pour sortir de cette situation. Selon lui, la stabilité et la sécurité sont des conditions indispensables pour permettre aux citoyens d’élire leurs dirigeants pour la première fois depuis 2016 et restaurer la confiance dans les institutions.
Il a rappelé que « les postes politiques ne sont pas à vie » et a exhorté tous les acteurs politiques à soutenir la sécurité et la transition démocratique. Reconnaissant que certains pourraient rester sceptiques, le diplomate a réaffirmé la volonté de Washington de contribuer à la sécurité d’Haïti et de donner aux Haïtiens la possibilité de façonner leur propre avenir. Le soutien américain à la force internationale anti-gangs illustre, selon lui, l’engagement concret de la communauté internationale envers le pays.
Même si la dépendance des dirigeants haïtiens à l’égard des pressions étrangères montre un manque d’autonomie inquiétant, la décision de soumettre un calendrier électoral reste positive. C’est un pas concret pour sortir de l’inaction d’une structure qui trop souvent reste paralysée. La priorité est maintenant de transformer cette échéance en actions réelles, tout en se préparant à se défaire progressivement d’un système politique inefficace qui freine la reconstruction et la sécurité du pays.
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