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Une compagnie pétrolière liée à Trump débarque au Groenland avec du matériel de forage sans autorisation

Le gouvernement du Groenland a lancé un « avertissement ferme » à une compagnie texane liée à Donald Trump qui aurait fait débarquer du matériel de forage dans une région reculée de l’île arctique afin d’y extraire du pétrole. Selon les informations rapportées par The Guardian samedi, la société texane Greenland Energy se préparerait à forer des puits à Nunap Qeqqa, dans l’est du Groenland. Or, cette compagnie, qui serait liée à des proches du président américain, n’aurait jamais obtenu l’autorisation des autorités de l’île arctique pour mener ses activités de forage.

Le gouvernement groenlandais a d’ailleurs fait savoir, dans un communiqué rapporté par des médias européens, avoir émis « un avertissement ferme » à l’entreprise, qui n’a « pas obtenu les autorisations requises » avant d’entreprendre ses démarches.

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Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé par le passé son intérêt pour l’île arctique, notamment en évoquant sa volonté de l’annexer en raison de ses importantes ressources minières. « Ce qu’on apprenait dans les dernières semaines, c’est qu’il y avait peut-être des intérêts économiques là-dedans, comme c’est fréquemment le cas avec la géopolitique de Donald Trump », déclare l’analyste politique Georges Mercier aux ondes de LCN, dimanche.

La question qui se pose maintenant que le Groenland a refusé les activités de forage de la société texane est de savoir si la Maison-Blanche cherchera à faire pression sur le Danemark et le Groenland pour autoriser les explorations. « Est-ce que le Groenland et le Danemark seraient prêts à accepter ça comme une concession pour tempérer les menaces du président ou au contraire on va maintenir une ligne dure ? » se questionne M. Mercier.

Si le Groenland décidait plutôt de maintenir sa ligne dure en refusant les activités de forage et que la société texane tentait tout de même de poursuivre ses opérations, les tensions pourraient monter sur l’île arctique. La police et les autorités groenlandaises pourraient notamment être appelées à intervenir pour faire cesser les activités. « C’est vraiment un test de la relation entre les États-Unis et l’île en ce moment », ajoute-t-il.

Le Groenland est une île souveraine, certes, mais sous le contrôle du Danemark. Cette situation limite les actions que le gouvernement groenlandais peut entreprendre dans ce dossier, puisque le Danemark est également lié à l’Union européenne. « Ce qu’il fait (le gouvernement du Groenland), c’est aussi impliquer l’Union européenne qui est beaucoup plus puissante que beaucoup plus de leviers de négociation avec les Américains », explique Georges Mercier.

Le gouvernement groenlandais peut donc éventuellement mobiliser ses forces policières ou prendre des mesures pour saisir ou interrompre les activités de développement, mais chacune de ces actions comporte un risque d’escalade. « S’il le fait, c’est risquer une crise diplomatique entre les États-Unis et l’Europe et le Danemark, les enjeux sont très élevés ici », conclut-il.

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