Entre le 29 décembre 2025 et le 17 janvier 2026, l’hôpital de Drouillard de Médecins Sans Frontières (MSF) a accueilli plus d’une centaine de patients blessés par armes à feu ou armes blanches. Cette situation illustre la persistance des violences armées à Port-au-Prince, où civils et infrastructures médicales continuent de payer le prix des affrontements entre groupes armés et forces de l’ordre.
Selon un communiqué publié ce jeudi par l’organisation, 30 % des patients étaient des femmes et 9 % des enfants de moins de 15 ans. Certains cas ont même nécessité des soins chirurgicaux spécialisés à l’hôpital MSF de Tabarre. Le 6 janvier seulement, huit patients atteints par balle ont été admis en une seule journée, soulignant l’intensité des combats dans plusieurs quartiers.
L’accès aux soins reste extrêmement difficile pour la population. Les blessés doivent franchir des barricades, contourner des routes coupées et traverser des zones sous les tirs pour atteindre l’un des rares hôpitaux encore fonctionnels. De nombreux établissements ont fermé ou ne fonctionnent qu’à moitié après avoir été pillés ou attaqués par les groupes armés.
MSF déplore également les contraintes liées au transport des patients. Les services d’ambulances ont été suspendus l’an dernier à la suite d’attaques répétées, et seules quelques ambulances du Centre ambulancier national (CAN) restent disponibles, mais leur capacité est insuffisante. Dans ces conditions, de nombreux blessés arrivent tardivement, souvent transportés par des mototaxis ou d’autres moyens non médicalisés, ce qui accroît les risques pour leur santé.
En 2025, l’hôpital MSF de Tabarre avait déjà pris en charge 686 victimes de violences, dont près de 90 % blessées par balle. La tendance ne faiblit pas et, face à cette situation, MSF continue d’alerter sur l’urgence de protéger les civils et de garantir l’accès aux soins dans la capitale haïtienne.
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