La rencontre prévue ce vendredi avec le Groupe des personnalités éminentes (GPE) de la Communauté caribéenne (CARICOM) suscite de vives contestations au sein de la classe politique haïtienne.
Plusieurs blocs invités envisagent ouvertement de ne pas répondre à l’invitation, remettant en question la pertinence et l’efficacité de cette initiative dans le contexte actuel de la transition.
Selon ces acteurs politiques, un dialogue strictement haïtien serait plus approprié pour débloquer la crise multidimensionnelle que traverse le pays. Ils estiment que les rencontres pilotées par des instances étrangères, aussi bien intentionnées soient-elles, ne produisent que peu de résultats concrets et risquent de servir davantage à « faire passer le temps » qu’à répondre aux urgences nationales, notamment en matière de sécurité, de gouvernance et de légitimité politique.
Cette position critique traduit un malaise persistant face au rôle de la CARICOM dans le processus politique haïtien. Si certains continuent de voir dans l’organisation régionale un facilitateur nécessaire, d’autres dénoncent une médiation perçue comme répétitive et déconnectée des réalités locales, à quelques jours d’échéances politiques jugées cruciales.
De son côté, l’Accord Montana, l’un des principaux regroupements politiques engagés dans les discussions sur l’avenir de la transition, a annoncé la publication d’une position officielle à 11 heures ce vendredi. Cette prise de position est attendue avec attention, alors que les lignes semblent se durcir entre les différents acteurs appelés à définir le cadre de gouvernance post-transition.
Dans un climat marqué par l’insécurité, la méfiance institutionnelle et la pression internationale, l’issue de cette rencontre qu’elle se tienne ou non avec l’ensemble des parties prenantes pourrait constituer un nouveau test pour la crédibilité des mécanismes de dialogue et de médiation autour de la crise haïtienne.
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