L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte dans son rapport d’août 2025 sur une recrudescence du nombre de sites accueillant des déplacés internes en Haïti.
Entre juin et juillet, le pays est passé de 246 à 272 sites, soit 26 de plus en seulement deux mois, conséquence directe des violences armées qui continuent de secouer plusieurs régions.
Le département du Centre est le plus touché par cette nouvelle vague. Le nombre de sites y a bondi de 86 à 104, une hausse de 18 sites, particulièrement à Belladère où 20 nouveaux centres d’accueil ont été installés pour héberger plus de 1 700 personnes. Globalement, la population déplacée interne de ce département est passée de 7 760 à 10 048 personnes, soit une augmentation de 29 %.
Paradoxalement, alors que le nombre de sites croît, le total de déplacés internes recensés a légèrement reculé de 2,4 %. Cette baisse est attribuée à la fermeture de trois grands sites de Port-au-Prince qui hébergeaient plus de 6 500 personnes, relocalisées dans le cadre d’un programme gouvernemental.
L’OIM rappelle que la majorité des déplacés se concentre toujours dans le département de l’Ouest, et plus particulièrement à Port-au-Prince qui abrite à elle seule 68 % des déplacés vivant en site, soit plus de 142 000 personnes réparties dans 54 sites. En comparaison, un site de la capitale héberge en moyenne 1 980 déplacés, contre seulement 113 en province. Sur les 209 940 déplacés internes en site à l’échelle nationale, près de 190 000 vivent dans la capitale.
La crise du déplacement forcé affecte également le système éducatif. Le nombre d’écoles transformées en abris est passé de 84 à 102 en deux mois. Plus de 81 000 déplacés y sont hébergés, dont près de 72 000 rien qu’à Port-au-Prince, et 6 700 dans le Centre. À l’approche de la rentrée scolaire, l’incertitude plane sur la reprise des cours dans ces établissements occupés, risquant de perturber une nouvelle fois l’année académique.
Le rapport de l’OIM met en évidence l’ampleur de la crise : malgré les efforts de relocalisation, les violences armées continuent de générer de nouveaux déplacements. La concentration de personnes dans des espaces réduits, notamment dans la capitale, accentue les problèmes de promiscuité et d’accès aux services de base, aggravant une situation déjà critique.
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