Haïti, le pays que nous aimons, se trouve aujourd'hui au bord du gouffre. Le peuple haïtien, fatigué, désespéré, pousse un cri de souffrance face à une situation devenue intolérable. Nous, Haïtiens, ne pouvons plus supporter cette oppression silencieuse qui détruit chaque aspect de nos vies. L’échec de l’État, la corruption des élites et la violence des gangs nous plongent dans une crise sans fin. Voici les témoignages de cinq Haïtiens, chaque représentant un morceau de cette réalité qui nous écrase.
1. Pierre-Richard Ouvrier de la Sous-Traitance à la SONAPI (Port-au-Prince) Pierre-Richard était ouvrier dans une entreprise de sous-traitance à la SONAPI. Il était un des nombreux travailleurs qui bâtissaient les rêves des autres, mais aujourd'hui, son rêve s'est effondré. La fermeture de l'usine a mis un terme brutal à son emploi et à son quotidien. Pierre-Richard se retrouve désormais sans travail, sans revenu, sans perspective. La crise économique, la désorganisation du pays et l'incapacité des autorités à soutenir le secteur privé ont détruit des milliers d’emplois comme le sien. sans aucune aide, il observe les mêmes politiciens qui détournent les fonds publics et continuent de vivre dans le luxe. "Nou pa kapab ankò!" Il est épuisé par un système qui ne lui laisse aucune chance.
2. Marie, Commerçante à Port-au-Prince et Jérémie Marie est commerçante. Elle achetait des produits alimentaires à Port-au-Prince pour les revendre à Jérémie. Mais aujourd'hui, elle ne peut plus se rendre à Port-au-Prince en raison de l'insécurité grandissante. Les routes sont occupées par les gangs, et elle n'ose plus voyager. Le commerce qu’elle menait avec tant de détermination est devenu un cauchemar. Le pays ne lui permet plus de nourrir sa famille. La situation économique s'effondre, les prix montent, les pénuries sont omniprésentes. Elle se demande combien de temps encore elle pourra survivre dans ce climat d'instabilité. "Nou pa kapab ankò!" Marie est une victime collatérale de l'incapacité de l'État à rétablir l'ordre.
3. Léopold, Père de Famille dans le Plateau Central Léopold a vu ses enfants abandonner leurs études à Port-au-Prince. L'instabilité sécuritaire a forcé sa famille à quitter la capitale, où ils étaient inscrits dans des universités. Aujourd'hui, ces enfants ont dû renoncer à leur avenir, à leurs rêves, faute de sécurité. Le pays ne protège même pas ses étudiants. Léopold se demande comment il pourra offrir un avenir à ses enfants dans un environnement aussi hostile. "Nou pa kapab ankò!"
4. Lucie, Déplacée et Exilée Lucie a été forcée de quitter sa maison familiale à Port-au-Prince à cause des violences des gangs. Elle, comme des milliers d'autres, a dû abandonner sa vie, ses études, son foyer. Elle est maintenant déplacée dans une autre région, travaillant comme servante pour survivre. "Avec quoi je vais vivre?" se demande-t-elle chaque jour. Elle a tout perdu, sauf sa volonté de se battre pour sa survie. Mais comment se battre quand on n’a plus rien, quand l’État ne vous soutient pas, quand les autorités restent insensibles à votre sort? "Nou pa kapab ankò!" Lucie a tout sacrifié, mais le pays ne lui offre aucune chance de se reconstruire.
5. Gérard, Avocat et Militant Politique Gérard, un avocat engagé, a vu son pays sombrer sous le poids des injustices. Lui qui a milité pendant des années pour la justice et la vérité se retrouve aujourd'hui face à un système où la loi n'existe plus. Il a perdu plus de 15 000 USD pour envoyer ses quatre enfants en voyage vers le Nicaragua, dans l’espoir de les sauver d'un pays en ruine. "Avec quelle justice allons-nous faire face?" se demande Gérard. Son pays est appauvri, dévasté, et même ceux qui luttent pour la justice ne trouvent aucune réponse dans un système qui est devenu un grand vide. "Nou pa kapab ankò!" Il est épuisé par l'inaction de l'État et le chaos qui dévaste le pays. Le Cri Final Les témoignages de Jean, Marie, Pierre, Lucie et Gérard sont les témoins d'une nation qui s'effondre sous le poids de la corruption, de l'insécurité et de l'inefficacité de ses dirigeants. Le peuple haïtien ne peut plus supporter cette souffrance. "Nou pa kapab ankò!" Ce cri de détresse est celui de tous les Haïtiens qui n'ont plus de repères, qui n'ont plus d'espoir. Les politiciens, les élites économiques, les responsables de cette situation doivent rendre des comptes. Ils sont responsables de la misère de millions de citoyens qui n'ont rien demandé d'autre qu'une vie digne.
Le pays est en ruine, et l'espoir semble lointain. Mais ce cri ne doit pas être un chant de résignation, mais un appel à la révolte, à l'action. Haïti mérite mieux, le peuple mérite mieux. Il est temps de se lever pour réclamer ce qui nous appartient.
0 Commentaire