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Diplomatie

Dette de l’indépendance: la France admet une “injustice historique” et lance une commission franco-haïtienne sur l’indemnité de 1825

Deux siècles jour pour jour après que le roi Charles X a reconnu l’indépendance d’Haïti en 1825, Emmanuel Macron a rompu avec deux siècles de silence et de tabous.

En effet, dans une déclaration solennelle, le Président de la République française a reconnu l’« injustice historique » que représente l’indemnité imposée à Haïti en échange de cette reconnaissance. Une dette que le jeune État haïtien fut contraint de payer pendant des décennies, plombant durablement son développement.

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« Cette décision plaçait alors un prix sur la liberté d’une jeune Nation », a déclaré le chef de l’État français, appelant à regarder cette histoire « en face, avec lucidité, courage et vérité ».

Dans une volonté affichée de réconciliation et de réparation symbolique, Emmanuel Macron a annoncé la création d’une commission mixte d’historiens franco-haïtiens. Co-présidée par l’ambassadeur Yves Saint-Geours, ancien président de la mission sur la mémoire de l’esclavage, et l’historienne haïtienne Gusti-Klara Gaillard Pourchet, cette commission devra revisiter les deux siècles de relations entre les deux pays. Elle analysera en particulier l’impact de la dette de 1825 sur l’évolution économique, sociale et politique d’Haïti.

« Reconnaître la vérité de l’Histoire, c’est refuser l’oubli et l’effacement », a insisté Macron. Sans prononcer le mot de “réparations”, il a néanmoins ouvert une brèche en évoquant la nécessité de tirer « les enseignements » de cette histoire douloureuse pour « construire un avenir plus apaisé ». La démarche s’inscrit dans un contexte de pressions croissantes de la société civile haïtienne et de la diaspora, qui réclament depuis plusieurs années des excuses officielles, voire des réparations pour ce qu’ils considèrent comme un pillage organisé de l’État haïtien naissant.

Cette déclaration pourrait marquer un tournant dans les relations franco-haïtiennes, longtemps empreintes de non-dits. Reste à voir si la commission saura répondre aux attentes mémorielles, politiques et morales qui entourent désormais ce pan d’histoire coloniale.

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Jean Rony Poito PETIT FRERE

Journaliste

Journaliste-rédacteur & professeur de sciences sociales. Passionné de la rédaction.

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