La présidente par intérim du Venezuela, Delcy RodrÃguez, a annoncé le 15 janvier 2026 devant l’Assemblée nationale son intention de proposer une réforme partielle de la loi sur les hydrocarbures, sans toutefois en dévoiler les contours. Cette annonce intervient dans un climat politique et géopolitique d’une extrême tension, marqué par l’enlèvement du président Nicolás Maduro lors d’une opération militaire américaine, un événement sans précédent qui a profondément bouleversé l’équilibre institutionnel du pays.
Cette initiative gouvernementale s’inscrit dans un contexte de fragilité aiguë du secteur pétrolier, pilier historique de l’économie vénézuélienne. Nationalisée depuis 1976, l’industrie pétrolière demeure la principale source de devises du pays, mais souffre depuis plusieurs années d’un sous-investissement chronique, aggravé par les sanctions internationales, la fuite des compétences et la dégradation des infrastructures.
Malgré ces difficultés, le Venezuela conserve un atout stratégique majeur : il détient les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Les autorités affirment vouloir relancer la production nationale, estimée à environ 930 000 barils par jour en 2025, avec un niveau actuel revendiqué de 1,2 million de barils quotidiens. Une reprise jugée indispensable pour stabiliser les finances publiques et soutenir l’économie.
La réforme annoncée par Delcy RodrÃguez s’inscrit également dans un rapprochement progressif avec les États-Unis, amorcé ces derniers mois à travers plusieurs accords énergétiques. Washington a notamment annoncé la remise de 30 à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, dans un mécanisme comparable à celui précédemment accordé à la compagnie Chevron, bénéficiant d’autorisations spécifiques malgré le régime de sanctions.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a affirmé sa volonté de contrôler les revenus pétroliers vénézuéliens et de favoriser des investissements massifs dans le secteur, tout en maintenant une pression politique forte sur Caracas. Une position qui alimente les interrogations sur la portée réelle de la réforme annoncée et sur l’équilibre futur entre souveraineté énergétique, ouverture aux capitaux étrangers et contraintes géopolitiques.
Alors que le Venezuela traverse l’une des périodes les plus instables de son histoire récente, la réforme de la loi pétrolière apparaît comme un levier stratégique crucial, mais dont les effets dépendront largement des rapports de force politiques internes et des relations avec la communauté internationale.
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