Le Rapport ONU 2026 épingle directement l'ancien sénateur Youri Latortue dans les violences sanglantes du Bas-Artibonite. Au paragraphe 62, les experts de l'ONU écrivent noir sur blanc : Deuxième plus grande circonscription électorale du pays, l'Artibonite est marquée par des dynamiques politiques qui contribuent à entretenir la violence, notamment par le recours historique à des groupes armés par Youri Latortue et Prophane Victor .
Le contexte de cette accusation est le massacre de mars 2026. Selon le paragraphe 60, entre le 29 mars et le 3 avril 2026, les gangs Gran Grif (HTe.001) dirigé par Luckson Elan, Kokorat San Ras dirigé par Bendjy, et Canaan dirigé par Jeff, ont perpétré plusieurs attaques contre Petite-Rivière-de-l'Artibonite, Marchand Dessalines et Montrouis. Bilan : au moins 95 morts et 38 blessés parmi les habitants.
Le rapport révèle un retournement de veste. Kenken, alias « chat 2 pye », membre influent de Gran Grif et l'un des principaux coordonnateurs de ces attaques, appartenait auparavant à la Coalition du Bas-Artibonite, qui regroupe une trentaine de groupes de légitime défense. Il a changé de camp pour rejoindre le gang fin octobre 2025. Objectif : éliminer les groupes de légitime défense, en particulier la Coalition des révolutionnaires pour sauver l'Artibonite (coalition Jean Denis).
Mais la révélation la plus explosive se trouve en bas de page. Le Groupe d'experts note que contre le fief de Kokorat San Ras dans la commune de L'Estère, son chef, Bendjy, a accusé Youri Latortue d'être le fondateur de ce gang, que ce dernier cherche désormais à démanteler. C'est le chef de gang lui-même qui accuse l'ex-sénateur d'être le créateur de Kokorat San Ras.
Pour l'ONU, ce n'est pas un cas isolé. C'est un système politique. Les entretiens avec des habitants, des analystes de gangs et un responsable du Gouvernement en mai 2026 confirment le recours historique aux groupes armés comme bras armés politiques dans l'Artibonite, la plus grande réserve de voix du pays après l'Ouest.
Le danger est imminent avec les élections. Au paragraphe 63, des sources ont averti qu'à l'approche des élections, ces individus pourraient tirer parti de leurs liens avec des gangs pour mobiliser des soutiens, intimider leurs adversaires et nuire à la stabilité. Elles mettent en garde contre le risque que des groupes de légitime défense liés à des intérêts politiques locaux ne soient utilisés comme instruments d'intimidation.
Le Groupe d'experts conclut en soulignant la nécessité de mettre en place des mécanismes propres à prévenir toute nouvelle déstabilisation. En clair, sans couper le lien entre Youri Latortue, Prophane Victor et les gangs de l'Artibonite, aucune élection libre n'est possible dans ce département.
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